Jeune fille sur le site de Palmyre

par | Août 24, 2015 | 4 commentaires

J’ai rencontré cette jeune fille sur le site de Palmyre en octobre 2006.

Nous communiquâmes avec des gestes. Elle a accepté que je la photographie et espérait certainement me vendre l’un des colliers qu’elle tenait dans ses mains. Hélas, j’étais sorti de l’hôtel au petit matin avec pour seul équipage mon appareil photo…

En travaillant ces jours-ci mes photos sur la Syrie en vue de les intégrer à mon site, je suis tombé sur cette image.
Je me suis demandé ce que cette jeune fille, jeune femme aujourd’hui, a pu devenir… La violence ne l’a certainement pas épargné…

Lorsque je parcours ma photothèque en vue d’un travail quelconque, étant donné que le temps est abondamment passé depuis que j’ai commencé à photographier, je tombe souvent sur l’image de gens que j’ai photographié puis qui sont morts… Ces visages m’interrogent et je n’arrive pas à bien traduire cette interrogation. Je sais seulement que ce n’est pas uniquement du regret que je ressens.

La photo garde vivante l’image de personnes disparues. Je ne dis là rien de nouveau, mais cela ne cesse de m’étonner. Car la photo a cela de différent avec la peinture : elle prend pour sujet l’être vivant au moment même où il est vivant, elle fixe l’instant de cette vivacité. La peinture en revanche est une image « digéré » par le peintre, domestiquée donc.

La jeune fille est peut-être morte à l’heure qu’il est, mais elle vit encore dans cette photographie. L’éclat des yeux est là pour en témoigner. Et cela est troublant…

 

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